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Règles de prise en charge chirurgicale de l'incontinence urinaire d'effort et du prolapsus génital chez la femme

Photo du rédacteur: Dr Jean-Pierre Chemla
Dr Jean-Pierre Chemla
il y a 24 heures
2 min de lecture

Me Bruno ZANDOTTI

L'incontinence urinaire d'effort (IUE) et le prolapsus génital constituent des pathologies fréquentes impactant fortement la qualité de vie des femmes. En cas d'échec des traitements conservateurs (rééducation périnéale, mesures hygiéno-diététiques), un recours à la chirurgie peut être envisagé. La pose de bandelettes sous-urétrales (BSU) demeure à ce jour l'intervention chirurgicale de référence.

Néanmoins, ces techniques chirurgicales, notamment avec l'utilisation d'implants prothétiques, ont conduit à la survenue de complications parfois sévères : douleurs chroniques, infections, dyspareunies, troubles mictionnels, voire érosions des tissus.

Ces incidents ont suscité une série d'alertes internationales (FDA, NICE) et nationales (HAS, ANSM), aboutissant à un encadrement réglementaire strict de ces pratiques chirurgicales.

Depuis 2019, seules les BSU posées par voie rétro-pubienne ou trans-obturatrice et certains implants pour le traitement du prolapsus par voie haute bénéficient d'une autorisation en France. Les mini-bandelettes et prothèses par voie basse ont été retirées du marché en dehors des protocoles de recherche clinique.

Deux arrêtés ministériels (2020 et 2021) imposent des conditions précises de formation des chirurgiens, de concertation pluridisciplinaire, d'information de la patiente, de traçabilité des dispositifs et de suivi post-opératoire.

L'information préalable constitue un impératif éthique et légal : la patiente doit être clairement informée des alternatives, des risques et du suivi prévu.

En cas de complications, une prise en charge spécialisée et parfois l'explantation de l'implant peuvent être envisagées, bien que techniquement complexes.

Les complications, souvent qualifiées d'accidents médicaux non fautifs, peuvent donner lieu à une indemnisation au titre de la solidarité nationale, dès lors que les critères de gravité sont remplis, sauf en cas de manquement au devoir d'information ou d'erreur médicale avérée de la part du praticien.

Ce dispositif juridique et médical vise à renforcer la sécurité des patientes tout en maintenant l'accès à des traitements efficaces dans un cadre sécurisé et transparent.

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